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Depuis ses origines, l'être humain a toujours su miser sur sa créativité
pour adapter ses modes de transport aux conditions de son environnement. Tel
est le cas, particulièrement dans les contrées enneigées. Pour vaincre
l'isolement imposé par la neige, les habitants utilisent d'abord la force de
leurs muscles et se déplacent en skis ou en raquettes.
Au fil du temps, les habitants des régions froides commencent à utiliser la
force animale pour aller plus loin, plus vite, tout en ménageant leur
énergie et leurs efforts.
Dans plusieurs pays, on
réussit à domestiquer pour le transport, en plus des chevaux, au moins une
espèce animale : les chiens, en Sibérie, en Alaska, au Groenland et dans
tout le nord du Canada, les rennes en Laponie, les yaks dans l'Himalaya, et
même les dromadaires en Sibérie.
De siècle en siècle, le génie humain cherche toujours des solutions plus
efficaces. À partir du moment où la force motrice devient disponible,
plusieurs inventeurs s'emploient à faciliter le transport sur la neige.
Avant d'en arriver à la motoneige d'aujourd'hui, on passe par une succession
de prototypes d'autoneiges et d'essais, plus ou moins fructueux, sur de plus
petits véhicules. Entre 1927 et 1962, 13 brevets sont accordés à des
inventeurs, en Amérique du Nord, pour des véhicules apparentés à la
motoneige moderne.
Joseph-Armand Bombardier est le premier à commercialiser
avec succès son invention, brevetée en 1960, au Canada, et en 1962, aux
États-Unis. Il jette ainsi les bases d'une industrie qui modifie pour
toujours le transport hivernal.
La motoneige est utilisée tant pour le loisir que pour le travail. De nos
jours, les fabricants conçoivent et mettent sur le marché toute une variété
de modèles adaptés aux divers besoins des consommateurs.
Expédition au pôle Nord
Au cours de son histoire, la motoneige a attiré plusieurs passionnés
d'aventure, avides de battre des records ou de réaliser des exploits
mémorables. À ce sujet, il faut mentionner l'expédition dirigée par
l'Américain Ralph Plaisted au pôle Nord, en 1968, inscrite parmi les moments
remarquables de la conquête de l'Arctique.
Rêve d'un exploit impossible
Ralph Plaisted travaille dans les assurances à St. Paul, au Minnesota. Dès
1963, il s'intéresse à la motoneige. Il est persuadé que ce nouveau véhicule
d'hiver lui permettrait de réaliser un exploit jusqu'alors jugé impossible :
atteindre le pôle Nord par voie terrestre.
Résolu à mettre son idée à exécution, il se prépare en effectuant de
nombreuses randonnées de longue distance. En 1965, il établit le record de
la plus longue randonnée de l'époque.
Avant d'entreprendre le périple, Ralph Plaisted doit, pour obtenir un permis
d'explorateur, séjourner durant 15 mois en régions éloignées afin de
démontrer ses capacités. Il doit aussi recueillir les fonds nécessaires,
constituer une équipe et trouver des véhicules capables d'entreprendre une
telle expédition.
Équipe et véhicules
Plaisted choisit ses coéquipiers en fonction de leurs spécialités. Font donc
partie de l'expédition Gerry Pitzl, navigateur, Walt Pederson, ingénieur
mécanique, et Jean-Luc Bombardier, technicien et éclaireur. Ce dernier est
le neveu de Joseph-Armand Bombardier.
Les motoneiges retenues sont des modèles Ski-Doo®2 SUPER Olympique 300 cc
produits par Bombardier Limitée. Avant le départ, les explorateurs apportent
trois simples modifications à leurs véhicules : l'ajout d'un réservoir
d'essence sur le capot, le raccourcissement du siège pour augmenter la
capacité de rangement du matériel et l'insertion de crampons de fer à
l'intérieur des chenilles de caoutchouc pour assurer une meilleure traction
sur la glace.
Périple et conquête
Amplement médiatisé, le périple de l'équipe Plaisted commence le 7 mars
1968. C'est ce jour-là que les explorateurs quittent la dernière terre avant
l'océan Arctique, l'île de Ward Hunt, dans la terre de Baffin. Pour se
rendre à destination, ils franchiront 1330 km.
Au terme de 43 jours, soit le 19 avril 1968, l'armée de l'air américaine (US
Air Force), dont les avions et les hélicoptères survolent l'expédition
depuis le début, confirme que l'équipe a atteint, au sol, le 90e parallèle,
l'endroit exact du pôle Nord. Les aviateurs annoncent la victoire aux héros
du jour en ces termes : « Tout ce qui est derrière vous, à partir de
maintenant, est au sud. »

La réussite de l'expédition Plaisted est un jalon important de la conquête
de l'Arctique. C'est, en effet, la première fois, dans l'histoire du monde,
qu'un véhicule motorisé terrestre se rend au point le plus septentrional de
la planète.
Jusqu'alors, la gloire de la conquête du pôle Nord revenait à l'amiral Robert E. Peary, de la marine américaine (US Navy). En 1909, avec son navire, il s'était frayé un chemin à travers les glaces, puis
avait achevé son voyage
en traîneau tiré par un attelage de chiens.
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Ralph Plaisted

Jean-Luc Bombardier
Lors de l'expédition Plaisted,
les motoneiges Ski-Doo®2 ont dû franchir des crevasses d'eau de 3 m (10 pi)
de largeur et des crêtes de glace atteignant jusqu'à 12 m (40 pi) de
hauteur. L'industrie de la motoneige a tiré profit de cette expédition, qui
a permis de recueillir des données intéressantes quant à la solidité des
véhicules et de mesurer les problèmes de conduite dans des conditions de
température extrême.

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